CHANTALE ROGER - Artiste expérimentale, Photographe, Poète, Éducatrice, Nageuse, Voyageuse, Rêveuse, Écrivaillonne, Bicycleuse, Inventeuse, Penseuse, Chanteuse, pas peureuse, Grimpeuse de grosses montagnes, Peintre, Cinéaste d'animation, Réinventeuse de mondes, Artiste digitale!!
samedi 20 février 2010
Serpent Papier
Je laisse serpenter ma plume au fils de ses douces pages. Je me questionne sur le questionnement de l’ombre. Pourquoi mettre une ombre là? Juste là? Pourquoi ne pas la mettre en plein soleil où tout le monde pourrait la voir? Ma planète est à l’ombre du soleil. Ma planète est ronde. Ma planète est douce. Ma planète est pleine d’idées, superposées, juxtaposées. Ma planète roule sur l’abîme du cercueil de plomb. Elle roule en spirale jusqu’au fond de l’univers. Elle roule et efface sur son passage, les rêves, les espérances, les sortilèges, les souffrances. Elle efface les mots comme elle efface les dessins. Elle efface tout. Je me laisse aller à écrire que des sottises grises. Je me laisse aller à glisser de surprise en surprise. Mon serpent de papier est le serpent de mots qui sort de ma tête, de mon imagination, du tiroir de mes résolutions. L’an passé, j’avais décidé que ma résolution, c’était que je ne prenais aucune résolution. J’ai réussis. Je n’ai pas tenue ma résolution. L’année d’avant, c’était de plonger et de faire ce qui me faisait le plus peur. J’ai réussis. J’ai eu très mal et très, très peur. Cette année, je veux juste être heureuse de tout et de rien. Je veux reprendre ma peau d’artiste que j’ais oublié, quelque part sur le haut de mon escalier, sur le chemin des prétentions aqueuses ou tout en bas de la montagne de mes prédisposition. J’ai essayé, j’ai grimpé, j’ai tombé. J’ai souffert, le cœur à l’envers. J’ai heurté les cœurs durs, les carapaces démasquées qui mordent en retour. Je me suis perdue en chemin. Y a-t-il quelque part, une boîte des sois perdus? Ma muse, finira t’elle par me quitter à force de se faire repousser, de se faire rejeter, de se faire mal aimer? Mon moi, éteint la calvitie qui m’inquiète. Ma planète est ronde, ma planète est douce. Elle roule vers l’abîme du malheur, quand elle pourlèche les blessures de ses cœurs blessés trop agités. Ses blessures suintent le poison et le morpion. Vite, vite, à mes crayons. Je veux reprendre ma veste de création que je laisse traîner partout de puis trop d’heures et trop de papillons. Je veux reprendre mon pinceau, ma plume, mes 12 images par seconde et recommencer à errer au fil du temps à la recherche de l’imaginaire vrai, à la recherche de ma création, à la recherche du temps qui me manque. Je veux reprendre ma peau à moi, mon moi qui crée, qui recrée, qui fonce vers l’impossible. Je veux reprendre mes crayons de couleurs et dessiner à mon heure, à toute heure. Je veux reprendre le risque de tout rater, de tout recommencer. Je veux, pour cette année, retrouver mon serpent de papier et danser avec lui, sur le fil de fer de l’infini. Je veux le dessiner au pastel, au fusain, au crayon à la mine de plomb. Je veux juste créer, marche par marche jusqu'au bas de mon escalier à contre courant. Ma tête déborde de tellement d’idées. Elle bouille de rythmes, de couleurs, de sons, de suites et de bouts de chansons et même de rigodons. Allez Serpent!! Joue moi de ton violon!!
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